Le premier appel, dix minutes
Le téléphone sonne au 05 23 93 19 43, souvent entre 9h00 et 10h30, quand l'atelier ouvre et que Nathalie Simon, à l'accueil, a la tête libre. Dix minutes suffisent.
Elle note la pièce, ses dimensions approximatives, l'essence souhaitée, l'état du bois s'il s'agit d'une restauration, tout cela sur une fiche papier glissée dans une pochette beige rangée par ordre d'arrivée, puis elle passe la demande à Nicolas André, aux achats.
Nicolas André regarde la charge de l'équipe, la disponibilité des bois, et répond dans la journée ou le lendemain matin selon ce qu'il voit. Vous pouvez aussi écrire à [email protected]. Trois lignes, pas plus : ce que c'est, ce que vous voulez, vos disponibilités pour passer. Une photo de face, à la lumière du jour, avec un mètre posé dessus, fait gagner une journée entière, et c'est souvent ce qui manque dans un premier courriel trop vague.
Ce qu'il faut apporter boulevard Émile Zola
Le rendez-vous se tient à l'atelier, jamais ailleurs. Apportez la pièce elle-même quand elle tient dans une voiture ; sinon, venez avec des cotes relevées au mètre ruban et deux ou trois photos imprimées, parce que les mesures approximatives font perdre une semaine, puis une autre, et l'atelier finit par travailler sur un objet qui n'est pas tout à fait le vôtre.
Jean Bertrand, au stock, regarde le bois, son grain, ses fissures, ce qui a été repeint par-dessus. L'objet apporté vaut mieux qu'un long discours.
Préparez vos contraintes : la date souhaitée, le style de la maison, la couleur actuelle des boiseries. Si vous hésitez entre deux finitions, dites-le.
De la visite au devis écrit
La visite dure entre vingt et quarante minutes. Céline David, à l'administration, établit ensuite un devis écrit. Pour une commande simple, comptez trois à cinq jours ouvrés. Pour un meuble complet avec dessin et choix des assemblages, il faut compter une à deux semaines, parfois trois si un bois doit être commandé chez le fournisseur, et ce délai ne se raccourcit pas parce qu'on insiste au téléphone un vendredi après-midi de décembre.
Aucun montant n'est annoncé au téléphone. Le prix vient après l'examen du bois et du travail à faire, une règle qui vaut depuis 2012.
Le devis détaille les essences, les dimensions, les finitions et les délais estimés.
Le bois avant les machines
Une fois la commande confirmée, l'atelier commande le bois. Un chêne de pays arrive en trois à quatre semaines ; un noyer ou un frêne peut demander six semaines en période chargée, surtout après les foires d'automne, et le stockage se fait à plat, sous abri, le temps que la pièce se stabilise, ce qui n'a rien d'un détail quand on travaille un plateau de deux mètres.
Jean Bertrand vérifie chaque plateau. Un nœud mal placé, une fente de trente centimètres : la pièce repart chez le fournisseur. Personne ne travaille un bois humide.
Le débit se fait à la scie à format. Viennent le corroyage et les assemblages. Selon la pièce, cette étape prend de dix jours à cinq semaines.
Une petite caisse peut être finie en dix jours ; une bibliothèque toute en hauteur demande plutôt un mois et demi, parfois plus si la finition est poussée.
Finition et séchage
La finition commence quand le montage à blanc est validé : ponçage, teinte si besoin, puis huile ou vernis. Chaque couche doit sécher, douze heures minimum entre deux passages, vingt-quatre heures quand l'air est humide, ce qui arrive souvent entre novembre et février à Limoges, et cette contrainte de saison décale parfois la remise de quelques jours sans que personne n'y puisse rien.
Céline David vous prévient par téléphone dès que la pièce quitte l'atelier. Vous venez la chercher, ou l'on convient d'une remise.
Le délai total va de trois semaines pour un objet simple à dix semaines pour un grand meuble sur mesure.
L'argent, à quel moment
L'argent se discute une seule fois, en face, au moment de la remise du devis. Aucun prix n'est donné par courriel sans avoir vu la pièce ou les cotes.
Un chiffre lâché trop vite se révèle faux. Pour une restauration, un diagnostic préalable est facturé si le meuble doit être entièrement démonté, et ce montant est déduit du devis final si les travaux sont confiés à l'atelier ; une avance de 30 % est demandée à la commande, le reste à la livraison, sans exception pour les clients pressés.
Les moyens acceptés sont simples : carte bancaire à l'atelier, virement, espèces dans la limite légale. Aucun crédit n'est proposé. L'atelier n'est pas un établissement financier.
Après la remise
On vous explique l'entretien en cinq minutes. Un chiffon doux, une huile adaptée une fois par an, pas de produit agressif ; pour un meuble ancien restauré, évitez le soleil direct et les pièces trop chauffées, parce que le bois travaille et qu'un placage se décolle plus vite qu'on ne le croit près d'un radiateur.
Si un assemblage bouge dans les premières semaines, rapportez la pièce. On regarde.
Rien n'est garanti au-delà de ce que prévoit la loi pour les biens, et l'atelier ne promet aucune durée chiffrée sur ses interventions : il répond, simplement, quand on l'appelle. Le carnet de commandes est gardé deux ans, rangé par année. Si vous rappelez en 2027 pour une pièce livrée en 2026, on saura retrouver le bois, la teinte et la main qui a travaillé dessus.