Un buffet de famille rue Vigne-de-Fer
Madame Royer habite un appartement du centre, rue Vigne-de-Fer, à deux pas de la place de la Motte. Elle nous a apporté en mars 2023 un buffet en noyer que sa grand-mère avait fait venir de Saint-Léonard-de-Noblat après la guerre, un meuble lourd, démodé, auquel elle tenait plus qu'à n'importe quoi d'autre dans la pièce. Il avait souffert : le placage du tiroir de droite se décollait sur quatorze centimètres, un pied était fendu, et la traverse arrière avait été renforcée autrefois avec deux vis à tête cruciforme qui dépassaient du chant.
Elle ne demandait pas une remise à neuf. Elle demandait qu'on arrête l'usure. Nous avons déposé le tiroir, recollé le placage à la presse à plat, chevillé le pied à l'ancienne et laissé volontairement la trace du temps sur les côtés, parce qu'un meuble de famille repeint à neuf perd exactement ce que la cliente voulait garder.
Délai annoncé : trois semaines. Le meuble est reparti après dix-huit jours.
Pour ce type de travail, le propriétaire se déplace à l'atelier, au 169 boulevard Émile Zola, ou appelle le 05 23 93 19 43 pour caler un passage. Nous ne faisons pas de devis à distance sur photo, et nous n'enlevons rien chez les gens : la pièce se dépose et se reprend sur place. Un décorateur de la rue du Clocher, lui, nous avait envoyé six photos d'une console pour un chiffrage rapide. Nous avons répondu que ce n'était pas possible sans voir le bois. Il n'est pas revenu. C'est normal, ce n'est pas notre façon de travailler.
Étagères pour un cabinet de la rue Haute-Vienne
Un kinésithérapeute installé rue Haute-Vienne, près de la gare des Bénédictins, avait besoin de rangements pour son cabinet. Pas du sur-mesure fixé aux murs : des modules libres, en frêne, qu'on peut déplacer quand la pièce change d'affectation, ce qui arrive plus souvent qu'on ne le croit dans un cabinet qui grandit. Il est venu au printemps 2022 avec un plan sur papier millimétré et deux hauteurs de casiers. Nicolas André, qui s'occupe des achats, a proposé de changer la profondeur de trente à trente-six centimètres pour que les boîtes de matériel tiennent sans dépasser. Céline David a établi le calendrier : douze jours pour la découpe, quatre pour l'assemblage, deux pour la finition à l'huile dure.
Le résultat ne s'est pas fait attendre.
Le praticien a repris les modules l'année suivante pour les passer dans une deuxième pièce, sans nous rappeler. C'est exactement l'idée : du mobilier libre, qui ne dépend pas d'un mur.
Attention au cadre. Ce genre de demande suppose un volume disponible, un délai et un budget. Nous travaillons depuis 2012, rue Émile Zola, et l'atelier garde ce rythme : du lundi au vendredi de 9h00 à 18h00, le samedi de 9h00 à 13h00. Un dépôt le samedi matin se fait en quinze minutes, pas en une heure, parce que l'équipe est réduite ce jour-là. Rien ne presse jamais un meuble qui doit tenir trente ans.
Cadres et boîtes pour un photographe de Bellegarde
Un photographe installé à Bellegarde-sur-Vienne a commandé en 2024 une série de cadres en chêne pour une exposition à l'Espace Noriac, rue Jules Noriac, onze cadres au total, tous de formats différents, avec des marges calculées au millimètre près pour que les tirages respirent dans la vitrine. Il voulait des montages simples, sans dorure, avec un fond en peuplier. Nathalie Simon, à l'accueil, a noté les cotes un mardi après-midi, et l'atelier a livré les onze cadres en vingt-deux jours. Le bois venait d'un lot de chêne séché à l'air, acheté chez un scieur de Nantiat.
Ce client savait ce qu'il voulait. Il n'a pas demandé de conseil sur les couleurs, ni de croquis. Il est venu avec les dimensions intérieures, les marges, et la date de l'accrochage. La fabrication a suivi le plan, sans discussion.
Quand une personne arrive avec seulement une envie vague, l'échange prend plus de temps, parfois deux rendez-vous pour rien. Nous pouvons montrer des échantillons, discuter d'une essence, mais nous ne dessinons pas à la place du client. Jean Bertrand, au stock, préfère dire non tout de suite que de promettre un rendu qu'il ne pourra pas tenir.
Ce que nous ne prenons pas
Le refus fait partie du métier, et il vaut mieux le dire clairement plutôt que de laisser espérer quelqu'un pendant trois semaines. Nous ne touchons pas aux véhicules, ni aux caravanes, ni aux bateaux. Nous ne faisons pas d'électricité : pas de câblage, pas de prises, pas de luminaires raccordés au secteur. Les circuits de froid, type vitrines réfrigérées ou chambres froides, ne passent pas par l'atelier non plus. Nous ne posons ni cuisine encastrée, ni escalier sur mesure dans une maison, ni plancher, ni fenêtre, ni porte d'entrée : tout ce qui touche au bâti reste dehors. Pas de traitement phytosanitaire, pas de pulvérisation, pas de produit biocide.
Nous ne sommes ni médecin, ni comptable, ni avocat, ni formateur. Une question sur une aide, un contrat ou un litige ne trouvera pas de réponse ici. Nous ne sommes adhérents d'aucun ordre professionnel, nous ne revendiquons ni label ni agrément, et nous n'affichons pas de numéro de registre.
Un artisan de Couzeix nous a demandé un jour de préparer des liteaux pour une toiture. Nous avons refusé. Le lendemain, un autre appel pour un portail à motoriser : refus également. Ces refus ne sont pas une coquetterie, ils tiennent à l'outillage, à l'assurance et au temps.
Alors pour qui, au fond ? Pour une personne qui a un meuble, un objet ou une pièce de bois à réparer, à reprendre ou à faire fabriquer, et qui accepte de venir jusqu'à Limoges. L'adresse est gunportora.click, le standard répond au 05 23 93 19 43, et l'atelier se trouve au 169 boulevard Émile Zola. L'opérateur est Gunportora SASU. Le reste, nous le dirons de vive voix.